Les 100 vérités sur l'entrepreneuriat social

Plein de vrais vérités, un brin d'humour et d'auto-critique : Lors d'un « pop-up social entreprise think tank », Nick Temple a rédigé une liste de « 100 social entreprise truths ».

Voici la version traduite (avec l'accord de son auteur) et quelque peu adapté aux conditions locales.

Marché

 

  1. Mesurer l'impact social, c'est améliorer ce que l'on fait, et non pas seulement prouver que ça marche.

  2. C'est seulement une fois que l'on a clarifié la mission, les activités, le financement et la gouvernance qu'il faut choisir un statut légal.

  3. Ce qui compte, ce n'est pas la taille du bénéfice, mais que l'on fait avec.

  4. Bénéfice-et-plus est mieux que sans-but-lucratif («  bénéfice » n’est pas un vilain mot).

  5. De bons entrepreneuses et entrepreneurs sociaux construisent une authentique relation de confiance.

  6. Les entrepreneurs sociaux ne sont pas des héros individuels ; ils construisent des équipes, développent des réseaux et initient des mouvements.

  7. Les entrepreneuses et entrepreneurs sociaux peuvent travailler au niveau d'une communauté, au niveau national, ou au niveau international.

  8. Si à chaque fois qu'un entrepreneur social cite Gandhi, un franc serait donné, plus personne n'aurait besoin de faire de la recherche de fonds.

  9. Si l'on apprend à pêcher à trop de personnes, on perturbe tout l'écosystème marin et on épuise les stocks de poissons.

  10. Augmenter l'impact est plus important qu'augmenter la taille de l'organisation (ou la taille de l'ego).

  11. Une structure juridique particulière ne garantit pas qu’une organisation ne soit pas absurde (ou qu'elle soit brillante).

  12. On n'a pas besoin d'un MBA pour être ; ce qu'il faut c'est un JFDI1.

  13. Des entrepreneurs sociaux qui réussissent ont une attitude de « réseautage » et non pas d'« organisation » : Se concentrer sur la mission.

  14. Toute subvention est assortie de conditions; c'est très bien comme ça, pour autant que l'on sache qui fixe ces conditions et dans quel but.

  15. L'entreprise sociale n'est pas une panacée ; mais elle peut aider à guérir certains maux et aider à prévenir d'autres.

  16. Le travail de l'entrepreneur social a un effet domino : Il mobilise, et inspire d'autres pour s'impliquer.

  17. Il n'y a rien de plus assomant qu'un débat sur la définition de l'entrepreneuriat social (à part éventuellement deux de ces débats...)

  18. Pas tout le monde est un « change maker » (à l'att. de Bill Drayton, le fondateur de Ashoka).

  19. Ce qui est commun aux organisations qui ont évoluées avec succès, c'est que ça a pris beaucoup de temps. Time

  20. Les entreprises sociales surestiment ce qu'elles peuvent atteindre à court terme et sous-estiment ce qui est possible sur le long terme.

  21. Les organisations avancent grâce aux gens ; il faut les former, les soutenir et investir en eux.

  22. Le réseautage est important pour un entrepreneur social : Il faut être généreux et sincère, et ce sera réciproque.

  23. Qu'on l'appelle client, un utilisateur final ou bénéficiaire, le client est toujours roi.

  24. Les leaders d'entreprises sociales doivent aussi s'occuper d'eux-mêmes ; s'ils font un burn-out, l'organisation en fait souvent de même.

  25. Il faut combler l'organisation avec des radiateurs et non pas des drains.

  26. Avant de mettre les bonnes personnes aux bonnes places dans l'organisation, il faut s'assurer que l'on est assis dans le bon bus.

  27. Amusez-vous : Ce n'est pas appelé « sérieux-et-honorable-et-fastidieux » ; l'humour est permis (et souvent même nécessaire).

  28. Toute organisation vie et meurt avec la qualité de ce qu'elle propose (au prix où elle le fait).

  29. Faîtes vos achats auprès d'autres entreprises sociales, et ajoutez les à votre chaîne logistique : Mais seulement si elles assurent.

  30. Promettre peu et donner beaucoup : beaucoup trop rare dans les entreprises sociales.

  31. Une crise est une opportunité qu'il ne faut pas gaspiller ; mais ce n'est pas une raison pour en causer.

  32. Il y a plus de saints graals dans une entreprise sociale que dans Indiana Jones et la Dernière Croisade.

  33. En parlant de transferts d'actifs et de ressources limitées, n'oubliez jamais que le plus grand actif et la plus grande ressource sont humains.

  34. Au lieu de « marché de niche » il faut lire « besoin d'une communauté » (et vice versa)

  35. S’attaquer à une défaillance du marché ne rapportera probablement jamais de l'argent.

  36. Apprendre en faisant, apprendre des autres, apprendre de ses erreurs ; continuer à apprendre.

  37. Pouvoir générer des revenus à travers un contrat avec les autorités n'est pas plus durable que de se financer à travers une subvention.

  38. Un financement durable vient si l'on réduit la dépendance d'une seule source d'argent. Money money

  39. Ce seront les optimistes pragmatiques ainsi que les réalistes opportunistes qui auront du succès.

  40. Il y a beaucoup de business plans sociaux, mais pas beaucoup de bonnes entreprises.

  41. Si la motivation n'est pas vraiment là au début, elle ne sera sûrement pas là quand ça deviendra difficile.

  42. L'importance du charme et de la gentillesse est beaucoup trop sous-estimée.

  43. Edison a eu raison (1% d'inspiration, 99% de transpiration).

  44. Le « facebook des entrepreneurs sociaux » est Facebook.

  45. Brève d'actualité : Si votre projet de média social / web ne s'adresse qu'à une niche de marché, il ne pourra jamais se financer par la publicité.

  46. L'honnêteté est la base de la confiance qui est la base pour obtenir du soutien : Une ouverture bien dosée est de rigueur.

  47. Se diversifier trop tôt veut dire faire trop de choses à moitié au lieu de faire une chose bien.

  48. Il ne faut pas penser à une expansion du projet avant que le modèle d'affaire ne soit prouvé viable, même si vous êtes très encouragé.

  49. Lors d'une conférence, il y a plus de vérités qui se disent dans la pause café que sur la scène.

  50. Société meilleure, entreprise sociale, société civile, secteur tertiaire : Ce que nous faisons est plus important que la manière dont nous l'appelons.

  51. Croire à ses propres campagnes publicitaires, c’est le début d'une spirale infernale.

  52. Le plus grand défi de l’essaimage n'est pas d'ordre technique, mais culturel

  53. C'est bien d'être pionnier dans l'entrepreneuriat social, mais ce sont aussi les pionniers commettent les erreurs en premier.

  54. Si une grande société se mettait entièrement au social, ce serait une « société sociale ».

  55. Aujourd'hui on sait aussi bien mesurer l'impact social que l'on pouvait mesurer l'impact financier il y a 200 ans (donc pas besoin de déprimer sur ce point). Marché

  56. Trop de gens confondent l'innovation avec la nouveauté ; une idée est plus simple que l'amélioration continue.

  57. Il est possible de participer chaque jour de l'année à une conférence sur l'entrepreneuriat social.

  58. Il y a une différence entre « avoir un super contact » et vraiment entreprendre quelque chose avec ce contact.

  59. Il faudra plus de travail sur des stratégies de sortie pour entreprises sociales (finis les « président à vie »).

  60. Plus de 100'000 nouvelles espèces ont été découvertes depuis le début du mouvement de l'entrepreneuriat social.

  61. Le débat sur l'entrepreneuriat social est trop focalisé sur le local. Il y a plein de choses à apprendre de l'extérieur.

  62. La « mission » n'est pas qu'une belle phrase, c'est prendre des décisions, communiquer et planifier.  La mission est plus qu'une belle phrase.

  63. Méfiez vous des entrepreneurs sociaux auto-proclamés. Souvent il y a plus d'« auto-proclamé » que d'« entrepreneuriat social ».

  64. La responsabilisation (empowerment) veut dire « donner du pouvoir et équiper avec les compétences nécessaires », pas que « poser quelques questions ».

  65. On ne peut pas vraiment résoudre ou changer grand chose depuis son bureau (cf. #slacktivism)

  66. L'entrepreneuriat, c'est un état d’esprit, une attitude, un ensemble de comportements (et c'est la même chose pour l'entrepreneuriat social).

  67. On ne peut pas enseigner l'entrepreneuriat, mais on peut l'apprendre ; apprenez-le en le pratiquant et en apprenant des autres.

  68. Regardez en arrière après avoir sauté, et essayez de sauter différemment la prochaine fois.

  69. Il y a plein d'outils pour mesurer l'impact social, qui ont plus en commun que ce que l’on veut bien admettre.

  70. Des entrepreneurs sociaux sont souvent biographiques, influencés par une injustice ou une expérience personnelle.

  71. Le mot « synergie » devrait être interdit du vocabulaire commun.

  72. On devrait aller vers la compréhension et la conscience des risques (et non pas vers l'aversion du risque).

  73. Dans beaucoup de villes, le seul endroit où l'on peut boire du bon café de commerce équitable commence avec "Star"... Starbucks café bio

  74. Les entrepreneurs (sociaux) sont un peu nés pour cela et se sont beaucoup faits eux-mêmes.

  75. Un groupe d'entrepreneurs sociaux finit toujours par se mettre à bavarder.

  76. Les mauvais partenariats signifient des pensées obstruées, une multitude de réunions et un résultat compromis.

  77. Il y a de multiples options pour la réplicabilité : Il n'y a pas que le « open source » et le « command and control ».

  78. L'entreprise sociale mélange perspectives et approches ; donc il est logique d’obtenir un mélange des bénéfices.

  79. Comprendre le problème est une partie de sa résolution (il faut s'attaquer aux causes et non pas aux symptômes).

  80. L'action imparfaite est presque toujours mieux que l'inaction parfaite.

  81. Une « nouvelle société » est un rébus enveloppé de mystère au sein d’une énigme (nos excuses à Churchill)

  82. La gestion financière est importante ; vous devez vous y connaître en Pertes et Profits et flux de trésorerie.

  83. Investisseurs et entrepreneurs sociaux ne parlent pas des langues différentes, ils parlent des dialectes différents.

  84. Il y a autant d'organisations d'aide à l'entrepreneuriat social qu'il y a d'entreprises sociales.

  85. « Si tu le construis, ils viendront... » ne marche que si vous le faites bien (et écoutez les gens pour qui vous le construisez).

  86. Démarrer une entreprise sociale n'est pas un choix facile à faire ; démarrer une entreprise ne l'est jamais.

  87. Trouver un bon développeur web entrepreneur social revient à chercher une aiguille dans une botte de foin.

  88. « Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde » : avec moins de pensez philosophiques et plus d'actions.

  89. Si le train entre Lausanne et Genève était une entreprise sociale, il s'arrêterait à Nyon à cause d'un manque de financement.

  90. Les investisseurs, financiers et décideurs politiques se trouvent dans les villes. Il n'y a pas de conspiration contre la campagne.

  91. Le chocolat noir est peut-être trop amère : Essayez le (délicieux) chocolat au lait / avec de la menthe, de l'orange, ou un chocolat chaud.

  92. Les secteurs sont divers et multiples ; ne parlez pas du secteur public ou du secteur privé (ou secteur de l'entreprise sociale) comme s'ils étaient uniformes.

  93. Le taux de survie ne s'applique qu'au business, pas à l'entrepreneur social.

  94. Il y a une sur-abondance de financements, mais pas assez d'organisations aptes et en bonne santé, ou qui veulent bien les prendre.

  95. L'entrepreneuriat social n'est pas une carrière, c'est une vocation (faites quelque chose avant de prendre le label).

  96. En secret, la plupart des entreprises sociales rêvent toujours d'un parrain très riche et généreux.

  97. Le premier entrepreneur social était un sumérien qui a inventé la première bibliothèque et un système fiscale en 1500 av. J.-C.

  98. Des organisations d'aide à l'entrepreneuriat sont souvent parmi les moins entrepreneuses du monde.

  99. Malgré le cynisme et les dissensions internes, il y a plein d'excellentes organisations, des gens fabuleux, et du vrai changement a lieu.

  100. Il ne faut pas croire quelqu'un qui qui vous parle de vérités sur l'entrepreneuriat social ; il ne sait clairement pas de quoi il parle.

Merci à Mohamed et Colette pour leurs contributions. 

1JFDI est une abréviation pour « Just Freakin' Do It », à traduire à peu prêt avec « M..., fait le !.